Le Blog "Ressources"

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Mieux vivre avec la douleur chronique

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Flavion, le 25 janvier 2019 - conférence sur invitation de Fibr'Art -asbl - texte intégral

 

Mieux vivre avec la douleur Chronique

 

J’étais invité à donner une conférence dans ma nouvelle commune qui n’a finalement pas eu lieu! Je l’avais intitulée « Fibromyalgie, le burnout du corps contemporain sous nos latitudes ». Aujourd’hui, j’ai préféré comme intitulé « Mieux vivre avec la douleur chronique ». La mutualité chrétienne de Dinant ouvre la réflexion autour de « Fibromyalgie et résilience ». Même s’il n’est pas facile de penser la résilience par rapport à la douleur chronique, il y va tout de même de trouver les voies de l’amélioration de l’état général, il y va d’un travail de fond pour apprivoiser la douleur, la soulager et transformer en douceur le terrain physiologique, émotionnel et psychique, afin de vivre autrement et de mieux vivre. En ce sens, on peut parler de résilience, de rebond sur l’épreuve. 

La fibromyalgie est définie comme un état douloureux musculo-squelettique chronique, émaillé de crises douloureuses plus intenses et plus ou moins longues. Le diagnostic repose encore sur l’intensité de la douleur en dix-huit points répertoriés sur le corps. A partir de 11 points sensibles, vous êtes déclarée fibromyalgique. C’est malheureusement encore très approximatif car force est de constater dans la pratique de l’acupressure par exemple, que tous les points sont sensibles sans exception ! Cela fait en partie, que même si la fibromyalgie est reconnue comme pathologie chronique depuis peu, elle n’en demeure pas moins déniée, minimisée par bon nombre de médecins. Le Professeur Etienne Masquelier qui a préfacé mon ouvrage[1], y évoque une étude norvégienne qui classe les maladies dans leur ordre de prestige et d’intérêt auprès du corps médical. Y apparaissent en tête de liste la leucémie et les cancers, les infarctus du myocarde … et en fin de liste la fibromyalgie. Elle est également très mal comprise par les proches, par les employeurs, par le corps social en général, souvent peu empathiques. Qui n’a pas entendu « elle se plaint beaucoup mais elle n’a pas grand-chose, elle exagère, elle est fainéante … ». Presque personne ne prend vraiment la mesure de l’importante dégradation de la qualité de vie ni de la violence verbale et non-verbale subie. Faut dire que pour qui ne veut pas y être attentif, cela ne se voit pas au premier coup d’œil. Ma première patiente fibromyalgique, le sosie de la chanteuse de Fado, Mariza, est une femme élégante et souriante, qui donne le change, mais qui s’effondre après quelques minutes dans mon bureau, me déversant plus de larmes que de mots pour me décrire son drame intérieur. C’est le début de ma compassion pour les personnes fibromyalgiques et c’est elle qui m’a fait comprendre combien la douceur, le tact, l’empathie sont essentiels au processus progressif de résilience. Comme il n’y a aucun remède « chimique » actuellement, il s’agit d’abord d’apprivoiser cet état douloureux et de réorganiser sa vie. 

Comment décrire ? C’est comme si on se levait le matin après avoir dormi sur un lit de grenailles, comme si à 40 ans, l’on avait un corps de 80 ans, poly-arthritique, comme si on avait un état grippal permanent, avec un cortège impressionnant de symptômes (douleurs migrantes, migraines, hypersensibilité au froid, au bruit, à la lumière, jambes sans repos, intestins et vessie irritables, anxiété, dépression … ). Il est essentiel que les proches, au sens large, prennent conscience de cela, d’un état de mal-être profond qui ne laisse que peu de répit, parfois en été quand il fait sec, chaud et lumineux, et encore, pas pour toutes.

Les chercheurs se mobilisent car, avec la courbe exponentielle de progression de la maladie, qui cela dit en passant est assez parallèle à celles des cancers et des burnouts, cela menace la sécurité sociale. Mais ces progressions inquiétantes interrogent surtout notre mode de vie occidental : pollution, hyper-compétitivité, alimentation industrielle de mauvaise qualité, stress, sédentarité, relations toxiques, manipulations en tous genres, prétentions égocentriques et emprise, Fake News… C’est trop souvent un modèle d’indifférence qui s’installe, on court (après l’argent, le pouvoir, le prestige), on n’a même plus une minute pour ses voisins, on recourt à HelloFresh, on roule très vite, on devient agressif, on ne rencontre plus vraiment les autres, on reste le nez dans le guidon, on est hyper connectés et pourtant déconnectés de la nature, du végétal, de l’animal et de l’humain.

Les chercheurs se mobilisent et trouvent : une inflammation des cellules gliales du cerveau, des anomalies des flux sanguins cérébraux comme périphériques, des taux trop élevés de glutamate (un neurotransmetteur excitateur). On commence donc à avoir un début de compréhension des processus pathologiques mais pas encore de véritable remède. Antidouleurs, antidépresseurs et anxiolytiques restent les « adjuvants » actuels. Il y a quelque chose qui me frappe dans tout cela : on cherche et on va trouver des molécules ! Est-ce donc la seule médecine du corps et de l’âme dans notre société ? C’est encore et toujours de la molécule chimique que nous attendons le miracle et c’est bien elle qui s’avère extrêmement juteuse pour l’industrie pharmaceutique, qui pourtant peut faire beaucoup de dégâts (effets secondaires importants, diminution des symptômes mais production d’autres maladies consécutives aux traitements). Big Pharmas’attaque à l’Artemisia annua, une plante qui peut être cultivée sur le sol africain et consommée en tisanes, qui guérit le paludisme, tests sanguins à l’appui, pour essayer de maintenir en Afrique son marché de molécules chimiques pas tout à fait efficaces et aux redoutables effets secondaires. Qui joue à l’apprenti sorcier ? Comme dans les cancers où de nombreuses chimiothérapies sont plus destructrices que thérapeutiques, mais qui rapportent un paquet d’argent au cercle médico-pharmaceutico-économique. 

De l’autre côté, il y a pléthore de médecines alternatives mais il faut arriver à faire un tri dans ce qui peut être crédible et efficace pour améliorer sa qualité de vie ou pour nettoyer le terrain de fond. Acupuncture, homéopathie, naturopathie, médecine ayurvédique et médecine traditionnelle chinoise … Il y a toutes les techniques de développement personnel et de mieux-être : sophrologie, hypnose, relaxation, pleine conscience, eutonie, yoga, tai chi chuan et qi gong, acupressure et shiatsu … Des études montrent que certaines approches ont autant sinon plus d’efficacité que les molécules. Trop d’information tue l’information. Comment s’y retrouver et comment ne pas y dépenser des fortunes ? Diététiciens et nutritionnistes offrent de nombreux compléments alimentaires (curcumine, anti-oxydants …) dont beaucoup ne servent presque à rien s’il n’y a pas un changement important dans l’hygiène de vie des personnes. 

J’ai divisé mon intervention en quatre petits axes :

  • (1) L’alimentation comme première médecine : nous sommes un peu ce que nous mangeons et buvons !
  • (2) Comment nous respirons ?
  • (3) L’information est une énergie qui peut nous nourrir intérieurement ou nous intoxiquer.
  • (4) Le do-in, ou le soin et le bien que nous pouvons nous faire, les ateliers « Fibres sensibles ».

 

1. L’alimentation comme première médecine

 C’est le Docteur Seignalet, décrié de son vivant par ses pairs et maintenant décédé, qui a ouvert une piste intéressante dans son livre « L’alimentation comme troisième médecine ». Il n’a sans doute pas osé dire comme je le dis maintenant, que l’alimentation est et devrait être pour chacun(e), notre première médecine. Il y décrit de très nombreuses maladies chroniques, dont la fibromyalgie, comme étant des pathologies d’encrassage cellulaire. Ce sont nos cellules qui s’encrassent et s’enflamment, modifiant et déréglant de nombreuses réactions chimiques et enzymatiques de notre corps. Elles s’encrassent jusque dans leurs mitochondries (le lieu de la respiration et du métabolisme cellulaires). Une fois que l’encrassage a atteint un certain niveau et que les réactions d’auto-régulation chimique sont perturbées, la pathologie s’enclenche, s’amplifie et devient rapidement chronique. Il a donc proposé à des fibromyalgiques volontaires de suivre un régime, appelé régime Seignalet, durant au moins un an et a observé un bon taux de rémission. Seule ombre au tableau, chaque entorse au régime se paie cash, par un retour en arrière. J’ai déjà plusieurs témoignages de patients qui confirment une possible rémission provisoire, mais il semble que le régime soit à respecter à vie. 

            Cet encrassage cellulaire provient de plusieurs sources mais l’agro-alimentaire y participe pour une part majeure : additifs, conservateurs, mauvaises graisses, sucres ajoutés partout, pesticides, fongicides, insecticides, perturbateurs endocriniens, colorants, dioxyde de titane (E171) dont les nanoparticules traversent la barrière encéphalique et que l’on retrouve dans les mitochondries, particules plastiques, sels d’aluminium …  A moins de manger 100% bio (qui ne l’est plus tout à fait !), de manger beaucoup moins de viande, beaucoup plus de légumes (notamment les légumes racines), beaucoup moins de sucre, de sel, aucun plat préparé, de boire beaucoup moins d’alcool et de café, de ne rien boire en canette, d’éliminer tous sodas, de diminuer les produits laitiers et le gluten … à moins de faire tout cela, ce qui n’est pas gratuit, on se prend quotidiennement une dose phénoménale de crasses ! Même les huîtres sont trafiquées, devenant triploïdes, pour pouvoir être consommées toute l’année sans devenir laiteuses. Sans parler des appareils de la cuisine : taques à induction et micro-ondes très nocifs. Mais je pense sincèrement que cela en vaut la peine, qu’il faut retourner à une saine alimentation, progressivement et en douceur. Le patient qui témoigne dans mon livre poursuit ce nouveau régime alimentaire et en est satisfait : moins de douleurs, un meilleur sommeil et plus d’énergie. 

            De nombreuses recherches ont lieu actuellement sur le microbiote, appelé autrefois flore intestinale, sur la nécessité qu’il soit majoritairement composé des bonnes bactéries. Notre ventre est maintenant considéré comme le cerveau viscéral et émotionnel, en interaction constante avec le cerveau d’en-haut. Il s’agit alors de nourrir nos bonnes bactéries avec les légumes racines (dits prébiotiques), de diminuer la fermentation intestinale, de rendre la paroi intestinale moins perméable aux toxines … Les recherches incriminent l’influence des mauvaises bactéries dans l’intestin qui pourraient être responsables de certaines formes d’autisme, de parkinson, de dépressions et d’Alzheimer. 

            L’alimentation est une voie très prometteuse, il s’agit surtout de se défaire d’addictions alimentaires mauvaises (sucres et mauvaises graisses …) et d’y substituer une alimentation vivante, saine, d’apprendre à redevenir gourmets, plutôt que gourmands, de cuisiner des produits frais, purs et non travaillés.

 

2. La respiration

            L’air que nous respirons n’échappe pas non plus à la pollution généralisée de notre terre. Particules fines et dioxyde carbone en ville, pesticides, fongicides, insecticides et engrais chimiques à la campagne, et que l’on retrouve dans le sang et les urines des humains. Ne parlons pas de l’addiction aux tabacs ou autres drogues. Autant respirer l’air qui sort de la cheminée ou du pot d’échappement. Ne parlons pas de la 4G et de la 5G, ni des matériaux de la maison qui libèrent des molécules toxiques. 

            En occident, on s’intéresse peu à la respiration, excepté pour les pratiques sportives ou pour les pathologies respiratoires, alors que toutes les traditions asiatiques (taoïste, ayurvédique, bouddhique) placent notre respiration au centre de leurs pratiques : le pranayama des différents yogas, la méditation, le Qi gong, le tai chi chuan … Le déploiement du souffle y est synonyme d’apaisement et d’ouverture du mental, de détoxification organique et émotionnelle, de pleine présence sensitive … Nous avons tous un style respiratoire propre qui résulte de notre histoire de vie, d’une balance entre les événements positifs et négatifs, du stress, des serrages éducatifs, des chocs de vie. La respiration du nouveau-né est libre et complète, on voit le ventre monter et descendre rythmiquement. Plus on vivra d’expériences difficiles, plus la respiration remonte dans la partie supérieure du thorax et se raccourcit. Nous devons réapprendre à trouver notre pleine respiration naturelle, à respirer vraicomme me l’a dit une patiente. Notre respiration doit s’amplifier et occuper tout l’espace respiratoire, du vertex au périnée, en pleine présence sensitive. Le diaphragme  s’assouplit, le souffle descend jusqu’au diaphragme pelvien, éveillant le Psychopéristaltisme (Gerda Boyesen). Il s’agit de la mise en mouvement de nos intestins pour digérer le stress excédentaire et nos émotions et cette mise en mouvement s’accompagne d’un chant des intestins. Chaque soir, posez vos mains sur votre bas-ventre, respirez dedans et sentez. Vous vous endormirez plus vite. Respirer naturellement ou vraiment, c’est aussi du désencrassage cellulaire : on élimine plus de CO2, on prend plus d’oxygène, aucune cellule de votre corps ne s’en plaindra. Nous sommes un peu aussi dans le « comment nous respirons » !

 

3. L’information comme énergie

            Ce sont les taoïstes qui évoquent cela : l’information est l’une des trois grandes sources d’énergie, de QI, aux côtés de l’alimentation et de la respiration. Nous sommes fait de matière et d’énergie, essentiellement vibratoire. L’information, c’est un code, une énergie vibratoire et elle est partout autour de nous : les médias, les publicités, les livres, les conversations, les bruits, le silence, la musique, les couleurs des murs, les parfums et senteurs, les textures, les paysages, les informations gustatives, kinesthésiques, relationnelles … Tout autour de nous est information. Nous baignons constamment dans des flux d’informations, certains nous sont bénéfiques, nous nourrissent, nous font progresser, participent à notre développement personnel (les arts, les vrais dialogues, l’amour, l’amitié, le sourire, l’empathie, la tendresse, les massages …) alors que d’autres nous envahissent, nous encrassent, nous intoxiquent (le mépris, les énoncés identifiants, la violence verbale et non-verbale, les chocs de vie, les décibels exagérés, les relations toxiques …). D’autres enfin, sont plus neutres, des flux qui sont là tout simplement, autour de nous. Il faut alors trier : convoquer, inviter les bons flux, écarter, bloquer, refuser les mauvais.

            Les flux très négatifs ont pour particularité de s’incorporer en nous, de s’encapsuler (nœuds musculaires, fractures de stress, dystonies neuro-végétatives …). Je pense que c’est le cas dans la fibromyalgie. Pour beaucoup d’entre vous, il y a des vécus précoces ou plus tardifs, mais souvent cumulatifs, de la vie, qui n’ont pas été bons. Les chocs de vie ont un impact dévastateur (traumatismes, abandons …). C’est pourquoi, même si ce n’est plus très à la mode, je crois encore en la psychanalyse, cette libération totale de la parole avec un interlocuteur qui peut entendre. On sait depuis Freud, que ce qui n’a pas été dit, ce qui a été mal dit et ce qui ne peut se dire, on sait que cela crée des ravages et que cela insiste sous la formes de symptômes aussi bien psychiques que corporels.

 

4. Le bien que l’on peut se faire (do-in) et les ateliers « Fibres sensibles »

            LeDo-inc’est le bien et le soin que l’on peut se faire à soi-même, avec ses mains et dans le mouvement. Le retour à une « suffisamment bonne estime de soi » passe par là, devenir un peu sa propre mère, s’accorder du temps, de l’attention, du soin, de la tendresse et de l’amour. Par Do-in (ou Tao-Yin), on entend souvent des pratiques d’auto-massage qui suivent les méridiens d’acupuncture et de qi Gong (circulation de l’énergie). Je propose de l’étendre à la mobilisation des fascias, à des postures de yogas, à des mouvements d’eutonie ou de danse, de tai chi chuan, à des exercices de pleine conscience, à l’auto-hypnose, à la méditation. 

            C’est cela qui est au programme des ateliers « Fibres sensibles » : des exercices en solo, mais aussi en duos, trios, en collectif, dans un lieu chaleureux et une ambiance conviviale. On y fera donc des étirements doux, du travail respiratoire, des rêves éveillés dirigés, de la danse contemporaine, de la méditation, de la pleine conscience, de la relaxation, on utilisera l’écriture, la parole, et bien d’autres choses. 

 

            Pour conclure, je dirais que le chemin de résilience en fibromyalgie, en l’absence de la molécule magique hypothétique, c’est se nourrir du bon (aliments, air, relations), s’apaiser, s’ouvrir à des pratiques de soins de soi et du monde trop souvent négligées. C’est urgent pour les fibros, pour tout le monde et pour notre terre. Nous n’avons qu’un véhicule pour la vie, c’est notre corps. Nous n’avons qu’une planète pour vivre, c’est la terre. Retrouvons ensemble la nature et notre vraie nature.

 

 

Michel Galasse

Psychologue à médiations corporelles

 

[1]Michel GALASSE, “Fibres sensibles. Au contact des sujets fibromyalgiques”, Le livre enpapier, 2017. Lien suivant : https://www.publier-un-livre.com/fr/le-livre-en-papier/607-fibres-sensibles

 

Vidéo de l'atelier de Pleine Présence Sensitive

Prenez le temps de visionner la vidéo de notre atelier, filmé avec des volontaires. Un grand merci à Elodie, Nicole, Dominique, Maryse et Diane

Suivez le lien youtube :             https://www.youtube.com/watch?v=UHs-6CTEKE4

 

 

 

 

 

Affiche

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L'épreuve du cancer

 

 

Le crabe

 

 

 

Fibres sensibles.

 

Fibres sensibles

 

 

 

Atelier de Pleine Présence Sensitive ; qu'en disent les participants ?

« Juste après notre séance  : en forme, sensation d'avoir bien bougé. J'ai surtout senti la force du groupe, des émotions inattendues : très intéressant. D'où je confirme que cet accès là est super puissant... A poursuivre en tous cas. Et bien sûr la découverte de la musique et tout ce qu'elle permet. Et les jeux avec les accessoires, défilé et autres : que de surprises, et très vite on se lâche, bon sang, ça fait du bien... Quel programme ! » Annie 

« Merci de nous avoir accueillies mon amie et moi dans l'atelier "Zen, mouvement et santé". Je crois qu'elle comme moi avons apprécié la qualité et la variété de votre approche. Après cette séance, nous nous sentions bien et relaxées. » Colette 

« Un tout grand merci à vous de nous avoir donné l’occasion de goûter à vos activités, ce fut un vrai moment de plaisir et de découverte pour ma part ! » Isabelle 

« Merci à vous deux et aux participants ! Chouette expérience, détente, rire et lâcher-prise » Dominique 

« J’ai adoré la diversité des exercices et leur originalité » Agnès 

« Coucou Touches de vie, j’ai trouvé la séance très intéressante, parfois intimidante aussi ;-) Je diffuserai bien entendu ! » Maryse 

« Encore un grand merci pour vendredi, c'était super chouette votre atelier :) ça déconnecte complètement ! » Elodie

« L’Atelier m’a appris à exprimer avec des gestes et avec mon corps ce que la parole ne sait pas dire, à accepter une souffrance tout en déchargeant mes tensions négatives, à lâcher-prise. Le groupe offre un support-guide : on y apprend à faire confiance et à partager nos joies et nos douleurs. Donner et recevoir, retrouver le plaisir de jouer comme quand nous étions enfant. Cet atelier m’a permis de comprendre les passages douloureux de ma vie, de les accepter et de pouvoir en parler aujourd’hui sans douleur » Brigitte

Le développement psycho-corporel

Le développement psycho-corporel consiste en un ensemble de techniques utilisées dans le but de développer une pleine présence sensitive.

La séance débute par un « sentir debout, partout à la fois au même instant » et elle se termine souvent par le même travail de conscience verticale. Notre mental et notre égo aiment à nous compliquer la tâche et à brouiller les pistes. Revenons donc à la sensation globale et archaïque de notre présence. Retournons à notre unité première et à notre cohérence sensitive. Il s’agit déjà d’un moment de méditation en pleine conscience.

Mais entre les deux « sentir debout », il y a toute une série d’explorations plus horizontales : respirer amplement dans toutes nos cellules, se laisser porter, détoxifier nos organes, faire circuler notre énergie, se mettre à l’écoute de notre second cerveau. 

Nous commençons par nous laisser respirer car c’est une source essentielle d’énergie, aux côtés de l’alimentation (ce que nous mangeons et ce que nous buvons) et de l’information. C’est avant tout la qualité du souffle qui importe pour réguler l’émotionnel, le psychique et le physique par voie neurovégétative, c’est aussi par là que s’ouvre le processus de méditation et/ou de relaxation profonde. Nous découvrons comment respirer du vertex jusqu’au périnée et comment demeurer au niveau des sensations. 

S’enclenche alors le psychopéristaltisme, que nous pouvons encore faciliter par un travail de portance cranio-sacrée. C’est Gerda Boyesen qui a découvert cela : que nos intestins ont à la fois une fonction physiologique (l’assimilation des nutriments) et une fonction émotionnelle (digérer l’excédent de stress ou l’énergie résiduelle des conflits et traumatismes). Le psychopéristaltisme est ainsi un processus d’auto-régulation émotionnelle mais qui se bloque si la charge de stress, traumatisme ou conflit est trop grande. Pour le relancer, une écoute tactile et un dialogue « mains-corps » au niveau crânien ou sacré s’avèrera très efficace. 

 

Psycho corps 3           Psycho corps 2           Psycho corps 1

 

L’ensemble du travail est soutenu au niveau verbal. Un massage taoïste des organes du ventre peut compléter la libération du négatif émotionnel accumulé aux niveaux des organes, des muscles, des fascias, des vaisseaux sanguins et lymphatiques, des nerfs. Ce sont de vraies manœuvres de détoxification. 

Enfin, un peu d'acupressure, de mobilisation passive, une sculpture sur le vif, proche du rolfing, et un stretching pourront venir compléter le travail pour fluidifier la circulation énergétique et mieux « enformer » le sujet, et cela s’effectue bien entendu sur plusieurs séances. Car il s’agit d’élargir et d’amplifier la conscience de soi, de ce que je suis. Vivre à travers la sensation de devenir qui je suis vraiment, d’être pleinement là, ici et maintenant.

Michel Galasse
Psycho-somatanalyste

Le Shiatsu TOUCHE TOUT - article de Stéphane Cuypers

Qui a déjà vu ou touché une pensée ?
Qui a déjà vu ou touché une émotion ?
Qui a déjà vu ou touché une âme ?
Shiatsu touchetout
Personne ! Pas même la science avec ses microscopes ! Nous voyons les effets de ces niveaux subtils sur nous-mêmes et sur les autres. C’est tout. Nous ne savons pas ce que c’est,  ni où c'est, nous voyons ce que cela fait.
Mais nous pouvons voir et toucher notre corps, ou d’autres corps. Ironiquement, le toucher, qui est à la portée de tous, est le sens le plus mal considéré, même dans notre Occident en apparence si libéré. Nous ne nous touchons plus, nous n’osons plus. Trop de connotations, trop d'idées là autour, qui viennent du mental, soit dit en passant. Nous devenons comme des entités qui évoluent l'une à côté de l'autre, enfermées dans leur bulle et "communiquant" à un niveau virtuel.
 
Or, un simple toucher, le franchissement d'un invisible barrage de quelques centimètres, permettrait déjà d'apaiser tellement de tensions, de problèmes entre personnes, d’agressivité, de solitude… On le voit bien : il suffit déjà de simplement poser les mains pour qu'une détente s'installe, la respiration s'apaise. Il y a l'intention, évidemment : le toucher se doit d'être bienveillant.
Quand commence la séance de shiatsu, le toucher reste bienveillant, et se fait équilibrant, régénérant, apaisant, dynamisant, selon les besoins. Il permet au corps du client de se rééquilibrer. Stéphane Vien fait remarquer que, si les mains sont au niveau du Coeur, ce n'est pas par hasard. il y a en shiatsu un engagement total du praticien : le hara (centre d'énergie) pousse, le coeur a l'intuition d'où aller (et guide donc les mains), la tête dit ce qu'elle veut (il y a évidemment un savoir là derrière). 
 
Tokujiro Namikoshi, un des pères du shiatsu, disait «  le shiatsu est comme l’amour maternel, il fait couler les ruisseaux de la vie ». Puis il éclatait d’un grand rire, HA HA HA. Le toucher est inconditionnel, il permet à l'énergie de circuler, mieux, de jaillir. Beaucoup de points en shiatsu réfèrent à l'eau et à son jaillissement. Le jaillissement implique une pression, une vitalité. Il est joyeux. Toucher rend joyeux, celui qui touche et celui qui est touché. 
 
Ce qui me paraît propre au shiatsu, c'est qu'en touchant le corps, nous travaillons aussi sur les pensées, les émotions et le spirituel. En Orient, l'être humain forme un tout, on ne le dissèque pas en plusieurs parties avec chacune leur spécialiste. Bien sûr, on peut faire des thérapies psychologiques, émotionnelles ou avoir une pratique spirituelle, et on obtiendra des résultats selon les besoins. Mais le shiatsu va toucher à tout, et va permettre le rééquilibrage. La première porte d’accès du monde subtil, c’est le corps, indissociable du reste. Question de vibration : la matière et l'énergie subtile sont une seule et même chose, seule la fréquence de vibration change. Tout le monde n'est pas capable de se transporter et d'agir sur les plans subtils. Par contre, tout le monde peut toucher tout le monde.
 
Mon Maître Y. Kawada disait que les psychopathes, tueurs en série et autres, étaient devenus insensibles à la souffrance humaine et au ressenti des autres, parce qu'ils n'avaient pas été touchés. C'est pourquoi il étaient séparés, sans état d'âme. Bien sûr, être touché, recevoir de la bienveillance et de la chaleur détend,  rend bienveillant et supprime la distance, la séparation d'avec les autres. Cela amène l'empathie et la compassion. Autant commencer très jeune en famille : j'encourage toujours les mères à masser leurs enfants. 
Notre mission de thérapeute en shiatsu, au-delà de l'écoute et de la prise en charge des demandes précises qui nous sont formulées et qui sont des symptômes,  est de toucher l’être en son entier et de le reconnecter à sa joie de vivre. Derrière les nuages, le soleil brille en permanence. Le sourire du client ou de la cliente, quand il ou elle nous dit "au-revoir", est notre plus belle récompense.
 

L'Atelier du Geste

Quand ça transe-forme l'épreuve

Quand la parole ne va pas de soi ou que l'on a déjà dit et redit, le mouvement reste toujours une issue : il suffit d'un geste, écrit François Roustang.
Le geste, sensible, eutonique, presqu'artistique, ouvre un espace transitionnel dans le sujet et entre les sujets. L'idée d'un atelier du geste m'est venue à partir des médiations et transitions corporelles que j'utilise en thérapie et à partir de ma pratique du tai ji quan. Il s'agit d'aider chacun à ressentir le mouvement vital et à l'oser, à explorer le corps dans ses possibilités, à franchir ses peurs et ses inhibitions, à circuler plus librement dans l'espace, y compris relationnel.

Comme le dit Vinciane Despret, il permet de trouver le régime de confiance de son corps et de son être. Les éprouvances proposées pour ouvrir les voies du plus-être de chacun viennent aussi bien des traditions du monde (yoga, shiatsu, tai ji quan, transe Terpsichore des derviches, danse primitive, méditation...) que des créations contemporaines (Feldenkrais, Body mind movement, contact-improvisation, buto, eutonie, ...).

Le geste rythmique, ludique, communicatif ... ouvre, étaye, contient, crée. D'y être d'abord quelque peu tendu, le sujet trouve vite comment tendre vers l'insu de soi et vers les autres. En sentant partout à la fois au même instant (F. Roustang), l'être prend conscience de son potentiel et de sa plasticité. Ici et maintenant, vient la recherche de confort, de sécurité, de plaisir, de reconnaissance et de sens, à travers le mouvement co-senti, le contact et le lâcher-prise. La tension de l'atelier du geste est une tension ouvrante et contenante à la fois, qui permet une meilleure régulation tonique, un recentrement progressif et une meilleure intégration posturale, l'assouplissement des défenses, la recherche des ressources internes et l'audace de nouveaux déploiements de soi.

Se sentir enraciné, redevenir mobile et mobilisable, entrer dans les rythmes primaires de nos échanges avec le monde, en remettant en jeu les qualités plastiques de son être, sa consistance, son élasticité, sa retenue, ses élans et ressorts, chaque participant-e, par ce qu'il/elle accepte de vivre dans le groupe (de recevoir et de donner), est attiré-e vers des niveaux de présence, de régulation, d'organisation, de stabilité structurelle, d'expériences émotionnelles et relationnelles, plus intégratifs. S'adressant aux personnes éprouvées par la vie, il permet l'émergence de possibilités insoupçonnées.

Le sujet de l'épreuve se laisse surprendre au gré des trajets qui lui sont proposés par son désir d'oser, oser vivre, oser sentir et être. En se produisant, les corps-sujets rencontrent un nouveau flitre d'être, ils ouvrent leurs tissus connectifs, leurs cellules et leurs atomes et se permettent d'improviser, de composer et d'entrer dans l'insolite et le subtil.

{Extrait du livre de Michel Galasse, Mouvement et travail corporel en psychanalyse, Dangles 2012}